La chienne d’Henry – 7
Quand, tard dans la nuit, Jacques et Natalia sont rentrés chez eux, épuisés, je me suis couchée avec Henry. Je ne lui en voulais pas pour la soirée qu’il venait de me faire passer. Bien au contraire. Depuis que je le connaissais, j’avais découvert tant de choses nouvelles et que je n’imaginais même pas en matière de sexe que je ne pouvais que lui en être reconnaissante. En plus, j’y trouvais à chaque fois énormément de plaisir. Je lui étais redevable de ce plaisir et je me demandais ce qu’il pourrait bien encore inventer pour m’attacher à lui, ce qu’il pourrait apporter au développement de ma libido. J’étais très fatiguée en me couchant mais je n’ai trouvé le repos que longtemps après m’être mise au lit. Henry s’était endormi rapidement, lui. Il était moins secoué que moi par ce que nous avions vécu en baisant avec nos invités. Sans doute, je le comprenais bien, cela était-il moins nouveau pour lui que pour moi.
J’avais, en vrac, fait l’amour avec un autre homme, une femme. Je l’avais léchée, sucée, sodomisée pendant qu’on la traitait de chienne. Et le pire, c’est que ça m’avait terriblement excitée et fait jouir. Quand je repensais au fait que j’étais encore pucelle il y a seulement quelques mois, je mesurais mieux combien Henry avait réussi à me placer entièrement sous sa coupe. Je me rendais compte qu’il pouvait me faire faire ce qu’il voulait, qu’il savait comment manœuvrer pour obtenir de moi ce qu’il désirait vraiment. Cette idée me faisait, je dois l’avouer, un peu peur. Je n’avais aucune idée de là où il me mènerait la prochaine fois. Pourtant, j’étais toujours aussi amoureuse de lui et je savais déjà que là où il voudrait que j’aille j’irai sans me poser trop de questions. Il voulait manifestement mon bien et, tant que mon corps s’y retrouvait, je n’avais aucune raison valable de ne pas accepter de le suivre. Le week-end qui arrivait m’apporta la confirmation que je ne pouvais décidément pas lui résister.
Le lendemain de cette nuit de folie, Henry ne parla que très peu de ce qui s’était passé entre nous, le notaire et sa femme. Tout au plus me fit-il remarquer que j’avais été formidable la veille et que nos invités avaient apprécié que je me montre coopérative. Toujours cette manière bien à lui de me complimenter et de me brosser dans le sens du poil. Seulement dupe à moitié, je me délectais cependant de ses louanges. Il savait me parler et jouer de son ascendant à merveille. Tranquillement, en habile manipulateur, il m’amena à le remercier pour le cadeau merveilleux qu’il m’avait fait en m’ouvrant de nouveaux horizons.
C’est à la fin du petit déjeuner qu’il m’annonça la grande nouvelle du jour. Il avait prévu de longue date l’organisation d’une réception pour le samedi suivant. Il ne restait que quelques jours avant cette date et je commençais à paniquer. Je n’avais rien de la ménagère modèle et je ne me voyais pas accueillir en maîtresse de maison un groupe d’inconnus. Heureusement, il me confia que tout avait été réglé depuis longtemps et que du personnel viendrait s’occuper du nécessaire. Je n’aurai qu’à profiter de ma journée et me laisser vivre. Il y aurait une vingtaine d’invités, choisis parmi les notables du canton. Une cuisinière s’occuperait du repas et des filles du bourg voisin s’acquitteraient de toutes les autres tâches domestiques et du service. Je n’avais rien d’autre à faire que de me préparer à recevoir nos visiteurs dans les meilleures conditions.
Bizarrement, pendant les deux jours qui ont précédé ce samedi, nous n’avons pas fait l’amour. C’était la première fois que nous passions plus d’une journée sans baiser. Henry était préoccupé, je le voyais bien, par l’imminence de la fin de semaine. J’ai essayé de l’approcher une fois, au lit, mais sans réel succès. Je décidai de le laisser tranquille en attendant que la fameuse soirée soit passée, certaine qu’il se remettrait bien vite alors et se montrerait à nouveau aussi fougueux qu’auparavant. Je n’étais pas plus inquiète que ça car il avait malgré tout eu de nombreux gestes tendres à mon égard au cours de la journée.
Quand l’après-midi du samedi est arrivé, la tension était montée d’un cran dans la demeure bourgeoise. Les employés venus en extra pour l’occasion s’affairaient dans la cuisine et la salle de réception. Henry était partout, courant dans tous les sens pour mettre la dernière main à l’organisation. Il s’était réservé la préparation des cocktails, derrière le bar. C’était son rayon après tout. Il avait aussi apporté un soin particulier au choix méticuleux des vins et alcools qui égayeraient le repas. J’étais un peu délaissée mais je comprenais bien l’importance que cette soirée revêtait aux yeux de mon homme. Je fus rapidement consolée quand il monta avec moi dans le dressing où se trouvait une magnifique robe de soirée qu’il avait fait faire spécialement. Je l’ai enfilée quelques dizaines de minutes avant que les premiers invités n’arrivent et je me suis trouvée magnifique, resplendissante. La tension de la journée était presque entièrement retombée et j’étais prête à accueillir nos visiteurs. Henry me regardait en souriant, visiblement très amoureux et conquis par mes atours.
Ils sont arrivés presque tous ensemble, ponctuels, vers dix-huit heures. Je ne vais pas vous détailler qui était présent, ce serait fastidieux. Sachez seulement que tout le monde était venu en couple, hormis, vous vous en doutez, le prêtre de la paroisse. Jacques et Natalia étaient là aussi. Ils m’ont embrassée tous les deux, sur la bouche. J’ai été troublée par le baiser en public de la jeune femme qui ne paraissait nullement gênée. Tous les invités se sont montrés très gentils avec moi en arrivant. Henry me présentait à chacun comme si j’étais sa femme. Nous avons pris un apéritif avant de nous diriger vers la grande salle ou un buffet avait été préparé dans l’après-midi par nos employées occasionnelles. Une grande table avait été dressée pour permettre aux gens de s’asseoir, même s’ils préféraient pour la plupart demeurer debout. Henry m’amenait avec lui, d’un petit groupe à l’autre pour discuter avec chacun quelques instants. Il était vraiment à l’aise et semblait déjà très bien connaître tout le monde. J’étais impressionnée par son aisance et la manière qu’il avait de me mettre en valeur quand il parlait de moi. Les invités, hommes et femmes, paraissaient tous sous son charme également.
Après le dessert, quelqu’un a proposé de jouer, » comme dans l’ancien temps « , à des jeux de groupe. Nous avons bandé les yeux d’un d’entre nous qui, dans le noir, a dû essayer d’attraper un autre invité. A chaque fois qu’il y parvenait, celui-ci prenait sa place comme chasseur. C’était amusant et après quelques minutes, je me suis retrouvée à mon tour avec le foulard sur le visage, capturée par monsieur le curé. On m’a fait tourner sur moi-même quelques fois avant de me relâcher au milieu du cercle des convives. J’ai mis quelques minutes avant de finalement réussir à attraper une femme un peu grassouillette, peut-être l’épouse du maire. J’ai voulu alors ôter le bandeau qui m’aveuglait, mais des mains se sont emparées de moi et m’en ont empêchée. Je me demandais ce qui se passait, si les règles du jeux avaient changé, si nous allions jouer à autre chose.
Subitement, d’autres mains se saisirent de moi par les bras, puis par les jambes. On me porta pour m’amener je ne sais où. J’étais un peu rassurée par les rires joyeux des femmes qui s’élevaient autour de moi. Sans doute me préparait-on quelque tour amusant, en manière de baptême pour mon intégration à la communauté villageoise. Je ne croyais pas être si près de la réalité. Il me semblait que nous gravissions les marches d’un escalier pour monter à l’étage. J’ai entendu une porte qui grinçait. Un peu plus loin, on m’a déposée au sol, debout. Il faisait sombre dans la pièce dans laquelle nous étions, car la lumière du jour ne parvenait plus à traverser, même faiblement l’étoffe épaisse du foulard.
Les mains qui m’avaient emportée s’affairaient maintenant sur moi. Je sentais qu’on me touchait et je commençais à m’inquiéter un peu. Quelqu’un se saisit de mes poignets et tira sur mes bras pour les écarter. Une autre personne ouvrit ma robe dans le dos tandis qu’on me retirait mes bijoux. Je me rendis compte rapidement qu’on me déshabillait. Les évènements prenaient une tournure moins ludique et nettement plus orientée sexuellement. J’avais tout de même du mal à me faire à l’idée que toutes ces personnes étaient venues chez nous dans cette optique. Mais je me souvenais du plaisir intense que j’avais ressenti l’autre soir avec Jacques et Natalia. Quoi qu’un peu intimidée, j’étais prête à me laisser faire pour voir où tout cela me mènerait. J’étais persuadée qu’Henry savait ce qu’il faisait et je mettais en lui toute ma confiance. Bientôt, je me suis retrouvée complètement nue. Tout autour de moi, j’avais maintenant acquis la conviction que seules des femmes étaient présentes.
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L’institution Marie-Dominique – 7 