La chienne d’Henry – 8

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Je sentais leurs corps qui bruissaient autour de moi, les chuchotements qu’elles échangeaient, sans pouvoir comprendre réellement ce qu’elles disaient. Elles m’ont laissée ainsi, nue et seule pendant quelques minutes, toujours incapable de voir quoi que ce soit, dans l’attente de ce qui allait se passer ensuite. C’était un peu comme si elles avaient décidé de faire monter la tension dans mon esprit. Et c’est effectivement ce qui se passait. Je ne savais plus très bien où j’en étais ni ce qu’il allait advenir de moi. Je me doutais bien que nous n’étions plus uniquement dans le registre du jeu. Quelque chose d’autre se tramait qui serait certainement plus tourné vers la satisfaction des désirs de ces dames, peut-être des miens. Dans mon cerveau se mêlaient l’espoir de passer une bonne soirée et la crainte naissante liée à l’état d’isolement dans lequel elles me maintenaient volontairement.

Quand elles ont vu que je commençais à m’impatienter, elles sont revenues vers moi. Je sentais leurs mains qui reprenaient possession de mon corps. Je pensais qu’elles commenceraient à me tripoter, à me caresser pour profiter de moi. Mais elles n’en firent rien, si ce n’est furtivement, au passage. En fait, elles avaient entrepris de me rhabiller. Pourtant, ce n’était pas les vêtements que je portais auparavant qu’elles m’enfilaient. L’une d’elle avait levé mon pied pour le faire entrer dans ce qui ressemblait à un collant. Elle le déroula sur mes mollets, mes genoux, puis mes cuisses. Mais elle ne s’arrêta pas là. Le nylon glissa ensuite sur mes fesses et le bas de mon dos, puis remonta jusqu’a mes épaules. Une autre femme se saisit de mes bras et les passa dans des manches. Je compris à ce moment qu’il s’agissait d’une combinaison de nylon qui me recouvrait entièrement le corps, du bout des pieds jusqu’au cou et aux poignets. Juste après, on me fit passer d’autres vêtements que je ne réussis pas à identifier précisément. Des bijoux (Un collier ? Des bracelets ?) furent encore fixés à mon cou, à mes poignets et à mes chevilles. Enfin, on me fit enfiler une paire de chaussures dont je compris après les quelques pas qu’on me fit faire qu’elles étaient très hautes et instables.

Je suis restée immobile, ne sachant ce qu’on attendait de moi. Des mains se sont à nouveau faufilées sur ma peau et m’ont caressée brièvement partout. Il y en avait au moins trois ou quatre paires. Des gloussements amusés emplissaient tout le volume de la pièce. Le calme est revenu peu à peu et j’ai attendu jusqu’à ce que je sente une traction assez forte qui s’exerçait sur mon cou par l’intermédiaire du collier qu’on m’avait passé. Quelqu’un d’autre appuyait aussi fermement sur le haut de ma croupe, comme pour m’intimer l’ordre de m’agenouiller. Je n’étais pas prête à obéir aussi facilement à ce genre d’injonction sans aucune explication. Aussi, je suis restée solidement campée sur mes deux jambes. La tension sur mon cou s’est alors faite plus forte et j’ai dû plier, tandis que des mains puissantes me poussaient dans le dos. Je me suis retrouvée à quatre pattes malgré moi, contrainte et forcée. La crainte grandissait dans mon esprit au fur et à mesure que le temps passait. C’était une mise en condition qu’on m’imposait.

Quand j’ai été dans la position que les femmes qui m’entouraient souhaitaient que j’adopte, j’ai entendu des murmures de contentement autour de moi. La porte s’est ouverte à nouveau et des pas lourds et nombreux se sont fait entendre. On m’a forcée à faire quelques mètres, sur les genoux et les mains. J’ai entendu ensuite des cliquetis métalliques énigmatiques,  d’autres pas, des portes qu’on ouvrait et qu’on refermait, puis à nouveau plus rien pendant quelques secondes. A travers mon bandeau, il faisait toujours aussi sombre. Une personne, homme ou femme, je ne saurais le dire, s’est approché de moi. J’étais haletante et un peu perdue. Le traitement qu’on me faisait subir depuis maintenant plusieurs dizaines de minutes commençait à porter ses fruits. J’avais presque peur. Cela ne fit qu’empirer quand je sentis que, derrière ma tête, des doigts inconnus dénouaient le foulard qui occultait jusque là mon regard. La tension montait et les battements de mon cœur s’accéléraient. Au moment même ou le bandeau tomba, une musique lugubre au volume très fort émergea d’un haut-parleur. Un percussionniste jouait un rythme lent sur un tambour. J’étais dans le noir complet. Il n’y avait pas la moindre étincelle de lumière dans l’endroit où je me trouvais. Pourtant, je sentais que je bougeais. Je tournais sur une sorte de plateau. Mis à part la musique, lancinante, je n’entendais pas le plus petit bruit. Le rythme du tambour se fit plus rapide, de plus en plus rapide. Après quelques secondes, il cessa complètement et une mélodie électronique, un air de trance bien connu, prit le relais. A la fin de l’intro, la lumière jaillit enfin, éblouissante.

J’étais face à un miroir ou plutôt à un mur de miroirs. Il n’y avait personne d’autre que moi dans la pièce. Je tournais effectivement sur un plateau, comme je le soupçonnais. Au-dessus de moi, un groupe de sports puissants m’éclairait intensément, moi et moi seule. J’étais nimbée de lumière et je pouvais me voir dans les miroirs qui se succédaient devant mes yeux pendant que je pivotais. J’étais vêtue comme une écolière modèle, un peu de celles qu’on voit sur les sites porno japonais : chemisier blanc immaculé, jupe écossaise et souliers vernis. On avait aussi pris mes cheveux pour les séparer en deux magnifiques couettes qui pendaient de part et d’autre de mon cou. Après un tour complet et l’effet de surprise passé, j’ai voulu me relever. C’est là que je me suis rendue compte qu’on m’avait solidement fixée au plateau tournant à l’aide de chaînes attachées aux bracelets métalliques qui m’enserraient les poignets et les chevilles. De plus, une laisse pendait devant moi, fixée au collier de cuir qui me serrait le cou. A ce moment précis, je me suis sentie complètement désemparée et impuissante.

Plus je tirais sur mes chaînes, plus les fermetures m’entaillaient les chairs. J’ai dû me résigner à accepter ma situation sans me révolter, du moins extérieurement. Par contre, je bouillais intérieurement et la peur laissait peu à peu place à de la rage. Quand une porte s’est entrouverte dans le mur de miroir, après une dizaine de tours de manège, mon cœur s’est à nouveau mis à battre à tout rompre. Une ombre est apparue et s’est avancée vers moi. Lorsqu’elle est arrivée en pleine lumière, à seulement un ou deux mètres de distance de mon plateau, j’ai pu la détailler à loisirs.

C’était une silhouette au sexe indéterminé. Au vu de la taille de son propriétaire, j’imaginai cependant qu’il s’agissait d’un homme. Je ne voyais pas son visage qui était masqué par l’une de ces grandes cagoules blanches, comme en portent les pénitents de certaines processions en Espagne ou les membres du Ku Klux Klan aux Etats-Unis. Il portait aussi une tunique claire, ornée d’une grande croix de templier me semblait-il. Je peux vous dire qu’à cet instant, je n’en menais pas large. D’autant plus que le personnage mystérieux tenait à la main un objet qui ressemblait fort à un martinet, muni de multiples lanières de cuir. La rage qui m’habitait encore quelques secondes plus tôt s’était définitivement envolée pour céder la place à une peur revenue dix fois plus forte qu’avant.

L’homme s’arrêta devant moi quelques instants, comme s’il voulait que je mesure toute la portée de son accoutrement. Il devait savoir parfaitement ce qu’il faisait et l’effet terrible qu’avait eu son intrusion inopinée sur mon esprit. Il paraissait me toiser de haut. Puis, il s’avança encore, se pencha pour ramasser le bout de la laisse qui traînait devant moi. Il tira un peu dessus, sans me ménager. Je devais tendre le cou en avant au maximum pour ne pas avoir mal. Ca m’obligeait également à creuser le dos et je sentais que mes reins se cambraient, me forçant à relever le cul bien malgré moi. Il fit quelques pas à mes côtés pendant que je tournais. C’est là que je compris que nous étions l’objet d’un spectacle qui devait se dérouler à l’attention d’un public averti, bien caché derrière des glaces sans tain. Alors seulement me revint en mémoire la porte fermée à clef qu’Henry n’avait pas pu ou voulu ouvrir le jour de notre arrivée dans la maison.

L’homme encagoulé fixa l’extrémité de la laisse à un crochet disposé au bout du plateau. Tout avait été calculé pour que je ne puisse pas abandonner la position outrageante qu’il m’avait fait adopter en tirant sur la longe. Celle-ci était tendue à l’extrême et mon cul était de ce fait impudiquement rehaussé. Le chevalier pénitent vint se placer derrière moi. En tournant la tête sur ma gauche, je pouvais me voir de profil, dans ma position indécente. Les spectateurs cachés derrière les miroirs devaient me trouver formidablement excitante dans ma tenue d’écolière soumise. L’homme se saisit de ma jupe à carreaux et la releva sur mes reins, faisant apparaître aux yeux de tous les courbes pleines de mes fesses rebondies. Dès que mon cul fut bien dégagé, il leva son bras droit, dans la main duquel se trouvait son martinet.

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